Dans la grande majorité des entreprises, la formation SST est une évidence. Elle est parfois obligatoire, toujours recommandée, et les responsables sécurité savent exactement combien de salariés formés ils doivent maintenir dans chaque atelier ou sur chaque site. Le sauveteur secouriste du travail est un pilier de la prévention des risques professionnels depuis des décennies.
La formation PSSM, elle, est beaucoup plus récente dans le paysage de la formation en entreprise. Elle répond pourtant au même besoin fondamental, sur un autre terrain : former des personnes de proximité capables d'intervenir de façon utile avant l'arrivée des professionnels, mais face aux urgences psychologiques plutôt que physiques.
Pourquoi associer les deux, comment le faire concrètement, et qui former en priorité ? Cet article répond à ces trois questions.
Le Sauveteur Secouriste du Travail est formé pour intervenir face à une situation d'accident du travail ou de malaise physique. Il sait protéger la zone, examiner la victime, alerter les secours et réaliser les gestes de premiers secours adaptés à la situation : arrêt cardio-respiratoire, hémorragie, étouffement, brûlure, traumatisme. Il est aussi acteur de prévention dans son établissement, en participant à l'identification des risques.
La formation SST initiale dure 14 heures, soit deux jours. Le certificat est valable 24 mois et doit être renouvelé par une session de maintien et d'actualisation des compétences (MAC SST) d'une journée. Elle est dispensée par des organismes habilités par l'INRS.
Ce que le SST ne couvre pas : les urgences psychologiques. Un salarié en crise de panique, un collègue qui exprime des pensées suicidaires, un collaborateur en effondrement émotionnel, une situation de détresse psychologique aiguë : le SST n'a pas d'outils pour y répondre. Ce n'est pas un manque de sa conception, c'est simplement un champ différent.
La formation aux Premiers Secours en Santé Mentale repose sur exactement la même philosophie que le SST : former des non-professionnels à intervenir de façon structurée dans les premières minutes d'une situation critique, avant que les professionnels de santé prennent le relais.
Elle dure également 14 heures sur deux jours. Elle couvre les troubles mentaux les plus fréquents et les situations de crise associées : dépression et risque suicidaire, troubles anxieux et attaques de panique, réactions post-traumatiques, épisodes psychotiques, conduites addictives. Les participants apprennent à repérer les signaux, à ouvrir la conversation de façon adaptée, à évaluer l'urgence et à orienter vers les bons relais.
Contrairement au SST, le certificat PSSM n'a pas de durée de validité limitée. Une attestation de secouriste en santé mentale est délivrée à l'issue de la formation après validation des acquis par QCM.
Un salarié peut faire un malaise cardiaque au bureau. Il peut aussi faire une crise de panique, un effondrement émotionnel ou exprimer des pensées suicidaires. Dans le premier cas, le SST sait quoi faire. Dans les autres, sans PSSM, personne ne sait vraiment comment intervenir.
Les statistiques le rappellent régulièrement : les troubles de santé mentale représentent aujourd'hui la première cause d'arrêt de travail de longue durée. Un salarié sur cinq sera touché par un trouble psychique au cours de sa vie professionnelle. Ces chiffres signifient concrètement que dans une équipe de dix personnes, il est statistiquement probable qu'au moins deux traverseront une période de détresse psychologique significative.
Avoir des secouristes physiques sans secouristes psychologiques, c'est avoir un filet de sécurité à moitié tissé. Les deux formations ensemble couvrent le spectre complet des urgences humaines susceptibles de survenir dans un environnement de travail.
Il y a aussi un effet de culture d'entreprise. Quand une organisation forme simultanément des SST et des secouristes en santé mentale, elle envoie un signal clair à ses équipes : les risques physiques et les risques psychologiques sont pris au sérieux avec le même niveau d'engagement. C'est un levier de confiance et d'attractivité qui se mesure dans les enquêtes de satisfaction interne.
La question se pose souvent dans les entreprises qui n'ont pas encore de secouristes en santé mentale et qui veulent structurer leur démarche. Voici la logique que nous recommandons.
Ce sont les personnes les mieux placées pour repérer les signaux précoces dans leurs équipes et pour ouvrir les premières conversations. Former d'abord ce noyau crée des relais humains dans chaque équipe ou service, capables d'agir sans attendre qu'une situation devienne critique.
Les représentants du personnel et les référents qualité de vie et conditions de travail sont souvent sollicités par des salariés en difficulté. Les former au PSSM leur donne un cadre structuré pour ces situations, et renforce leur rôle de vigie dans l'organisation.
Les agents d'accueil, les commerciaux, les équipes terrain, les personnels des services à la personne sont régulièrement en contact avec des publics en situation de fragilité. Former un pourcentage de ces équipes au PSSM crée une capacité de réponse de proximité là où les situations se présentent.
L'objectif à terme est similaire à celui recommandé pour le SST par l'INRS : disposer d'un taux suffisant de personnes formées pour qu'il y en ait toujours une disponible sur chaque site ou dans chaque équipe. Un taux de 10 à 15 % de l'effectif est souvent cité comme seuil de couverture pertinent, à adapter selon la taille et l'organisation de l'entreprise.
Oui, et c'est même recommandé pour les profils qui ont une appétence pour les rôles de référent sécurité ou de personne ressource. Un salarié formé aux deux est capable d'intervenir face à n'importe quelle urgence humaine, physique ou psychologique. C'est un profil particulièrement précieux dans les entreprises de taille intermédiaire où les ressources sont limitées.
Les deux formations se déroulent sur le même format (14 heures, deux jours, groupes limités, pédagogie active) et sont finançables via les mêmes dispositifs. Elles peuvent être planifiées sur des semaines différentes ou, dans certains cas, intégrées dans un même plan de formation annuel.
SST et PSSM sont toutes deux finançables dans le cadre du plan de développement des compétences via votre OPCO. Les budgets prévention des risques professionnels sont également mobilisables pour le SST et, de plus en plus, pour le PSSM dans les branches qui ont intégré la prévention des RPS à leur politique de formation.
En format intra, les deux formations représentent un investissement maîtrisable pour une PME qui peut réunir des groupes de 6 à 8 participants. Le coût par personne baisse significativement avec la taille du groupe, et le fait de former plusieurs collaborateurs en même temps crée immédiatement un langage commun dans l'équipe.
Pour le PSSM spécifiquement, le tarif inter démarre à 259 euros par participant. La formation intra est proposée à partir de 1 832 euros HT pour un groupe jusqu'à 8 personnes.
TVF propose les deux formations, SST et PSSM, avec des sessions régulières en Île-de-France. Pour le PSSM, des sessions inter sont organisées à Moissy-Cramayel (77), à Corbeil-Essonnes (91) et à Roissy-en-France (95).
Pour le SST, retrouvez le programme et les dates sur notre page Formation SST initiale. Des sessions intra sont possibles pour les deux formations directement dans vos locaux, partout en Île-de-France.
Consultez également le programme complet de la formation PSSM Module Standard pour les détails pédagogiques, les prochaines dates et les modalités de financement.
SST et PSSM reposent sur la même logique : former des personnes de proximité à intervenir de façon utile et structurée face à une urgence humaine, avant l'arrivée des professionnels. L'un couvre le physique, l'autre le psychologique. Ensemble, ils constituent une réponse complète aux risques professionnels d'aujourd'hui.
Dans un contexte où les troubles de santé mentale pèsent aussi lourd dans les arrêts de travail que les accidents physiques, traiter les deux avec le même niveau de sérieux n'est pas un luxe. C'est une décision de gestion des risques cohérente avec la réalité de ce que vivent les équipes.